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Recyf cybersecurite

Le ReCyF, la carte maîtresse de l’ANSSI face au millefeuille réglementaire ? 

  • Avis d'experts

Publié le 29/10/2026

Simplifier la sécurité pour mieux protéger, telle pourrait être l’ambition de ce nouveau référentiel cyber français.  

À l’aube de l’examen de la loi de transposition de la directive NIS2 à l’Assemblée nationale, il semble important de replacer dans son juste cadre un concept aussi simple qui pourrait bien marquer un changement de paradigme : la cybersécurité ne doit plus être vécue comme une contrainte, mais comme un réflexe naturel, proportionné à la taille et aux moyens de chaque organisation. 

Prétendre que la cybersécurité est une charge « transparente » dans les budgets internes est tout simplement faux. Elle a un coût, et ce dernier peut s’avérer conséquent. Mais il faut rappeler que ne rien faire peut coûter bien plus cher (rançons à payer, pertes de production, atteinte à l’image, sanctions réglementaires, etc.) L’inaction n’est jamais gratuite, elle expose au risque le plus onéreux qui soit.  

La cybersécurité n’imprègne pas encore le quotidien de toutes les organisations, alors même que le niveau de menace ne cesse de croître en sophistication. Les organismes soumis à une réglementation stricte, qui leur impose un haut niveau de protection, ont, bon gré mal gré, pris la mesure des enjeux et déployé les dispositifs adéquats.  

À l’inverse, un grand nombre d’acteurs échappent encore à un cadre réglementaire ou ne sont concernés que depuis peu par des obligations légales ou par une réalité de lendemain de fête. C’est notamment le cas de nombreuses PME, TPE et collectivités, cibles privilégiées d’une cybercriminalité et d’une « cyber-pollution » nourries par les rançongiciels, le vol de données et les escroqueries. Leur niveau de maturité et leur conscience du risque restent insuffisants, alors que la menace numérique n’épargne personne. 

Dès lors, il est essentiel que chaque organisation, quel que soit son statut et quelles que soient ses obligations légales, s’engage dans une trajectoire de cybersécurité adaptée à ses risques, à sa maturité et à ses moyens, afin de se protéger de manière proportionnée. 

Cette ambition se heurte cependant au cadre en constante évolution, complexe, et fragmenté qui guide cette protection. En France et au sein de l’Union européenne, la réglementation relative à la protection des données et des systèmes d’information a connu une évolution rapide, portée par l’augmentation des menaces et des incidents. De nombreuses lois, règlements et référentiels ont vu le jour, créant un véritable « millefeuille » réglementaire. Ce contexte pousse les responsables sécurité à jongler avec un grand nombre de textes, de guides et de référentiels, rendant la conformité complexe, chronophage et parfois déroutante.  

C’est dans ce contexte que le 17 mars 2026, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a présenté la première version de travail ReCyF, le Référentiel Cyber France, qui liste les mesures recommandées par l’Agence pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS 2 pour contrer la menace cybercriminelle de masse.  

Il est légitime de craindre que le ReCyF ne vienne alourdir ce millefeuille déjà saturé, et son entrée dans le paysage risque effectivement d’être perçue comme celle d’un nouveau référentiel de plus. C’est pourtant en refusant cette logique d’empilement que le référentiel ReCyf opérerait véritablement un changement de paradigme.  

L’ambition ne serait pas d’ajouter une couche réglementaire, mais de faire du ReCyF le socle national d’exigences de sécurité vers lequel toute la cybersécurité française devrait converger. En posant une base unique et stable, les cadres sectoriels et les référentiels internationaux viendraient s’y greffer plutôt que de s’ajouter de manière chaotique.

Le « millefeuille » réglementaire* : quand la sur-norme paralyse l’action

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